25. Februar 2016 · Kommentare deaktiviert für Libyen, Algerien, Maghreb: Szenarien von Krieg, Aufstand und Flucht · Kategorien: Algerien, Deutschland, Frankreich, Großbritannien, Libyen, Tunesien · Tags:

In Enthüllungen und Hintergrundberichten von Le Monde, Le Figaro und italienischen Tageszeitungen werden alarmistische Szenarien von EU-Staaten und den USA zum Maghreb gezeichnet. Ab der kommenden Woche sollen bewaffnete US-Drohnen von Sizilien aus Westlibyen anfliegen. Die US-Militärangriffe der letzten Woche, die u.a. wichtigen Fluchthelfern und ihren Familien das Leben gekostet haben sollen, waren von Großbritannien aus gestartet. Frankreich führt bereits bewaffnete Kommando-Aktionen in Libyen aus.

Libyen soll in Militärzonen aufgeteilt werden: Italien würde mit 5.000 italienischen und libyschen Soldaten in Tripolitanien (Westlibyen) die Häfen und Petro-Installationen besetzen. Großbritannien soll von Zypern aus die Cyrenaica (Ost-Libyen mit Benghasi) unter Kontrolle bringen. Frankreich übernimmt das Militäreinsatzkommando für Fezan, d.h. für Südlibyen. Die USA erhalten die Luftkontrolle über Gesamtlibyen.

Diesen Planungen entsprechend hat das tunesisch-deutsche Militär die tunesischen Grenzanlangen gegenüber Libyen fertiggestellt, um mögliche Fluchtbewegungen aus Libyen aufzuhalten. Offensichtlich hat nur die algerische Regierung Einspruch gegen die westlichen Kriegspläne erhoben. Die algerische Regierung Bouteflikas ist politisch am Ende, und derzeit steigen wegen des Verfalls des Erdölpreises die Nahrungsmittel- und Benzinpreise in Algerien rasant. Es sei mit Aufstand und einer Massenflucht über das Mittelmeer zu rechnen, so titelt Le Figaro in seiner gestrigen Ausgabe. Die deutsche Regierung liefert gerade ein Kriegsschiff im Wert von 1 Mrd. Euro nach Algerien. Möglicherweise sind diese Kriegs-, Aufstands- und Fluchtszenarien ein Hintergrund für die migrationspolitische Hetze in Deutschland, die zur offiziellen Einschätzung des Maghreb als Region von „Sicheren Drittstaaten“ führt.

Angesichts der kriegsfeindlichen Einstellung der Bevölkerungen im Maghreb gerade auch gegenüber den ehemaligen Kolonialmächten ist ein Desaster der westlichen Militäreinsätze vorherzusehen. Die Überlagerung der anhaltenden Flucht über das zentrale Mittelmeer mit Kriegsvertreibungen würde das Meer zwischen Westlibyen und Sizilien neben der Balkanroute zu einem zweiten Schauplatz einer künstlich erzeugten Flüchtlingskrise machen.


Quelle: El Watan

La frontière sous haute surveillance

L’Algérie face au chaos libyen

Alors que tous les experts expriment leurs craintes quant aux conséquences d’une intervention militaire en Libye, des sources diplomatiques confirment l’imminence de frappes aériennes, conduites par les Etats-Unis, et auxquelles prendraient part la France, l’Italie et la Grande-Bretagne. En Algérie, les responsables, avec lesquels nous nous sommes entretenus, sont tous «inquiets», parce que «convaincus» d’une intervention étrangère en Libye, pays avec lequel l’Algérie partage plus de 900 km de frontière.

Déjà que la situation est «extrêmement difficile», affirment nos interlocuteurs, avec la multiplication des acteurs politico-militaires qui s’affrontent pour le contrôle d’un terrain, déjà partagé entre les terroristes de Daech, au Nord notamment où se trouve le croissant utile, et entre un Sud ouvert sur le Sahel, l’Afrique centrale et de l’Ouest, devenu un terreau pour la criminalité organisée où des bandes armées s’adonnent librement aux trafics en tout genre comme ceux de la drogue dure, du kif, des armes et des pièces d’art, avec la complicité d’une communauté touareg, désabusée et longtemps abandonnée à son isolement.

A cette situation est venue se greffer Daech, ce groupe terroriste pourchassé en Irak et en Syrie par une coalition occidentale de plus de 20 pays, qui a réussi avec ses 5000 hommes, puissamment armés à contrôler la région la plus riche de la Libye, devenue un casse-tête pour ses voisins mais dont les partenaires ne voient comme solution que la voie militaire, qui selon eux, «est à même d’empêcher l’expansion de Daech et de venir à bout de ce groupe terroriste».

Mais, aussi bien les pays voisins que les experts rejettent toute intervention étrangère, en raison de son impact dramatique sur tous les plans. «Toutes les expériences ont montré que celle-ci ne ferait qu’aggraver la situation et renforcer les groupes terroristes, dont les actions trouveront une légitimité», expliquent nos interlocuteurs. Pour eux, l’Algérie, tout comme les autres pays, va devoir faire face à une «crise humanitaire terrible». «Des milliers de Libyens vont fuir les zones de bombardements et nous nous retrouverons à accueillir des populations entières au niveau de nos frontières.

Des décisions ont été prises au plus haut niveau pour mettre en place la logistique qu’il faut…», révèlent nos sources. Il n’y a pas que le volet humanitaire auquel l’Algérie fera face. «Notre pays, qui vit une crise économique, risque d’accueillir des milliers de réfugiés auxquels il faudra assurer nourriture, soins et hébergement. Cette prise en charge a un coût que l’Algérie va devoir assumer au moment où elle vit une crise économique due à la chute drastique de ses revenus pétroliers.

Il faudra s’attendre à des situations critiques au niveau des villes frontalières où la pression sur les denrées alimentaires de base, par exemple, sera lourde à supporter. Il est à craindre aussi des infiltrations de terroristes qui pourront profiter du flux massif de réfugiés. L’armée, qui certes a les moyens de sa politique, ne pourra pas assurer le risque zéro tout au long des 900 km de frontière. Nos troupes vivront, elles aussi, des moments difficiles en raison de la pression qui va s’exercer sur elles et devront être encore plus présentes dans ces régions au détriment d’autres espaces qui ont besoin d’être protégés», notent nos sources.

Pour toutes ces raisons, «les plus hautes autorités du pays n’ont cessé d’alerter les pays occidentaux sur les conséquences humanitaires, économiques et sécuritaires d’une quelconque opération militaire étrangère en Libye, en privilégiant la voie du dialogue entre les différents acteurs libyens qui sont les seuls à même de trouver une solution à la crise qui secoue leur pays. La voix de la raison n’a pas été écoutée et l’on s’attend à une escalade qui met l’Algérie en état d’alerte maximum.

Les bombardements vont probablement cibler des régions non loin des frontières algériennes. Le risque est imminent», concluent nos interlocuteurs. Ils parlent de nombreuses réunions à un haut niveau autour de la préparation des camps pour réfugiés et la logistique nécessaire. A moins d’un événement majeur, tout porte à croire que le brasier libyen n’est pas près de s’éteindre et risque même d’emporter dans son sillage des pays comme le Mali, le Niger, le Tchad, dont les capacités de riposte sont réduites, ou la Tunisie qui traverse qui crise politico-économique assez difficile.           

Salima Tlemçani

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Quelle: Le Monde

La France mène des opérations secrètes en Libye

Par Nathalie Guibert

La France procède en Libye à des frappes ponctuelles très ciblées, préparées par des actions discrètes voire secrètes. Face à la menace de l’organisation Etat islamique (EI), la ligne fixée par le président François Hollande repose, pour l’heure, sur des actions militaires non officielles. Elles s’appuient sur des forces spéciales – leur présence, dont Le Monde a eu connaissance, a été repérée dans l’est de la Libye depuis mi-février par des blogueurs spécialisés.

Ce n’est pas tout. Plusieurs sources ont indiqué au Monde que la lutte contre les terroristes pouvait couvrir des opérations clandestines, menées par le service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Les premières engagent la France car leurs soldats, même très discrets, agissent sous l’uniforme. Les secondes sont aussi assurées par des militaires mais restent invisibles.

Ces deux composantes sont considérées, dans la doctrine militaire, comme des « précurseurs », en l’absence de cadre disponible pour une guerre ouverte. Ces moyens, dits d’« ouverture de théâtre », ne préjugent toutefois pas d’une future opération en bonne et due forme. Un haut responsable de la défense française indique toutefois au Monde : « La dernière chose à faire serait d’intervenir en Libye. Il faut éviter tout engagement militaire ouvert, il faut agir discrètement. »

Frapper l’encadrement de l’EI

En Libye, l’objectif n’est pas de gagner une guerre mais de frapper l’encadrement de l’EI, dans l’idée de freiner sa montée en puissance. Une action menée de concert par Washington, Londres et Paris, comme l’a de nouveau illustré le raid américain du 19 février contre un cadre tunisien de l’EI à Sabratha, une ville de l’Ouest libyen située à une soixantaine de kilomètres de Tripoli.

Considéré comme le plus haut responsable de l’EI en Libye, l’Irakien Abou Nabil avait, lui, été tué à Derna, en novembre 2015, par un bombardement similaire. Selon les informations du Monde, cette frappe a été initiée par Paris.

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