12. Dezember 2017 · Kommentare deaktiviert für Les migrants de la gare routière de Casablanca dénoncent des refoulements en catimini et un siège de fait : Ça se gâte grave · Kategorien: Marokko · Tags:

Zuerst wurde das selbstorganisierte Camp von mehreren hundert Flüchtlingen und MigrantInnen beim Busbahnhof von Casablanca pogromartig angegriffen. Dann folgten rassistische Ausfälle hoher Politiker. Seit drei Tagen verhaften Polizisten in Zivil nach Zufallsprinzip von der Straße weg, und bringen sie in Busse mit unbekanntem Ziel. Von den üblichen Abschiebungsorten weit im Süden Marokkos werden keine Ankünfte gemeldet. Die Geflüchteten in Casablanca fordern Bewegungsfreiheit und Weiterflucht nach Europa.

Liberation | 12.12.2017

Il est 16h00. La route d’Oulad Ziane est partiellement bloquée au niveau de la gare routière. Les véhicules et les piétons ont du mal à se frayer un chemin. De loin, on voit des bras levés en l’air et des mains s’agiter et l’on entend un indescriptible brouhaha où des voix humaines, des coups de klaxons et des bruits de sirènes s’entremêlent à vau-l’eau. A l’origine du blocage, des dizaines de migrants irréguliers criant leur colère contre les autorités marocaines accusées de procéder discrètement à l’arrestation et au refoulement des migrants irréguliers installés aux abords de la gare routière d’Oulad Ziane vers le Sud du Maroc.

« Libérez nos frères et laissez-nous partir », lance l’un des migrants aux policiers venus disperser la manifestation. «Pourquoi vous tentez de nous confiner ici alors que le Maroc n’est qu’un point de passage pour nous ?», s’interroge un autre. « Trouvez-nous une solution ou laissez-nous nous débrouiller seuls », surenchérit un troisième. Les policiers suivent la scène calmement et tentent tant bien que mal de calmer les protestataires. Lesquels ne semblent pas vouloir le faire. Ils sont fous de rage. En effet, ils ont été surpris, vers la fin de la prière du vendredi, de voir des policiers en civil arrêter certains d’entre eux et les embraquer dans des bus dans l’objectif de les refouler ailleurs. «Un ami à moi a été arrêté et on ne sait rien de ce qui lui est arrivé. Et je ne suis pas le seul. Nombreux sont ceux qui ont vu leurs frères, leurs proches ou leurs amis se faire arrêter et déporter vers une destination inconnue », nous a déclaré un migrant. Un autre nous a affirmé que ces arrestations sont devenues monnaie courante depuis trois jours et que les personnes arrêtées sont acheminées vers Agadir, Tiznit, Dakhla ou la frontière mauritanienne. D’autres témoins nous ont affirmé que certains migrants ont été refoulés vers Tanger ou Oujda.
Des propos que nous n’avons pas réussi à faire confirmer ou à infirmer par les autorités locales qui ont tout simplement refusé de nous répondre. Contactées par nos soins, certaines associations œuvrant dans le domaine de la défense des droits des migrants au niveau du Sud du Maroc, nous ont assuré qu’il n’y a pas eu de nouvelles déportations de migrants ces derniers temps et que la situation est calme depuis des mois. « Peut-être qu’ils sont encore en route ? Qui sait », s’est interrogé un militant associatif de la ville de Laâyoune. Et de préciser : « Parfois, les migrants sont maintenus en détention durant quelques jours avant d’être refoulés ».

Pourtant, il n’y a pas que les arrestations et les refoulements des migrants qui posent problème, leurs conditions de vie suscitent colère et indignation. « Nous sommes assiégés et cloîtrés dans ce terrain de foot. Nous n’avons pas de quoi manger ni boire. Après les derniers événements survenus il y a quelques semaines, personne ne nous donne à manger et chaque fois qu’on va chercher de la nourriture, les gens nous chassent», nous a expliqué un migrant. Et de poursuivre : « Les riverains nous accusent d’être des harceleurs, des voleurs et des malfrats et personne ne veut nous aider à tel point qu’on nous a même interdit d’accéder aux toilettes de la gare routière pour faire nos besoins ». Une situation des plus dures à supporter puisque la ville de Casablanca ne dispose ni de structures d’accueil ni d’ONG spécialisées dans l’accueil des migrants. « On vit comme des rats », nous a affirmé un migrant. On dort à même le sol, nos vêtements sont sales et on a rarement l’occasion de prendre une douche. La grande majorité d’entre nous vit de mendicité aux carrefours ou à la sortie des mosquées ainsi que des fonds que nos familles nous envoient ». Et de poursuivre : « Nous somme fatigués et nous en avons marre. Plusieurs d’entre nous ont passé plus de cinq ans ici et ils n’en peuvent plus. Au Maroc, il n’y a pas de perspectives d’avenir et nous ne demandons rien d’extraordinaire. Nous voulons seulement que les autorités cessent de nous barrer la route de l’Europe. Nous ne sommes que de passage ici et nous ne comptons pas rester au Maroc».

Même son de cloche de la part de ce jeune candidat à l’émigration : « On demande la liberté de circulation et qu’on nous laisse tranquille», nous a-t-il lancé avant de conclure : « Notre priorité demeure l’Europe et rien que l’Europe. Et ni les arrestations ni les refoulements n’entameront notre volonté ».

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