In einer Radio-Reportage von France Inter werden die Massenabschiebungen beschrieben, die die marokkanische Polizei seit Sommer 2018 durchführt: Geflüchtete, die in Razzien in Nordmarokko, meist Tanger, festgenommen werden, werden nach Südmarokko verbracht. Die Polizei schlägt viele von ihnen zusammen, raubt ihnen Geld und Handys und setzt sie oftmals kilometerweit vor den nächsten Städten mittellos raus. Nach ein paar Tagen oder Wochen sind diese wieder in Nordmarokko und erleben vielleicht eine weitere Razzia und nochmalige Abschiebung in den Süden. Marokkanische Menschenrechtsorganisationen sprechen von inzwischen 5.000 Abschiebungen. Der Reporter dieses Beitrags wurde inzwischen aus Marokko nach Frankreich abgeschoben.

Le Maroc repousse les migrants loin de l’Europe

Depuis plusieurs semaines, le Maroc déplace des centaines de migrants subsahariens vers le sud et le centre du pays, loin des frontières de l’UE. Abandonnés aux portes du désert, ces candidats à l’exil font tout ce qu’ils peuvent pour retourner vers le nord du pays.

Ils vivent dans un terrain vague de Branes, en périphérie de Tanger. Le squat qu’ils louaient à prix d’or a été détruit. Ces jeunes clandestins camerounais dorment sous des gravats, d’un sommeil troublé par la crainte d’être interpellés sans ménagement. Tous les matins, ils se lèvent à l’aube et se réfugient dans la forêt pour éviter les descentes de police, quasiment quotidiennes depuis le mois de juillet.

Depuis juillet selon les ONG, jusqu’à 5.000 migrants auraient été déplacés de force… Le Maroc entend lutter contre les réseaux mafieux de passeurs… Plutôt un moyen de faire pression sur l’Union Européenne

A trois reprises, Njoya a fait l’objet d’un „refoulement“, arrêté, menotté et jeté dans un bus qui l’a emmené avec d’autres migrants jusqu’à Tiznit, aux portes du désert marocain, à 800 km au sud de Tanger.

Ils nous ont laissés sur l’autoroute, en plein soleil, à quatre kilomètres de Tiznit. J’ai beaucoup souffert. J’avais très faim et pas d’argent. Les compagnies de bus ne voulaient pas me vendre de billet, ou alors trois fois plus cher. J’étais obligé de mendier et de me faire envoyer un peu d’argent par ma mère pour prendre le bus et des taxis clandestins.

Njoya mettra trois semaines à faire le chemin inverse, vers le nord, vers la côte méditerranéenne, comme tous ses camarades qui ne voient pas d’autre option que de tenter „l’aventure“ vers l’Europe. […]

Si ces déplacements forcés ont toujours existé, ils s’intensifient au Maroc depuis le début de l’été (jusqu’à 5.000 personnes refoulées selon les associations). Le royaume dit ainsi vouloir lutter contre les „réseaux mafieux de passeurs“. Mais les associations dénoncent des arrestations arbitraires et des expulsions abusives de migrants. 

Pour les ONG, cette campagne de déplacements est une réponse au programme de 55 millions d’euros alloués en juillet dernier par l’UE au Maroc et à la Tunisie afin de protéger les frontières de l’Europe. Rien de moins qu’une campagne de communication estime Saïd Tbel, de l‘Association Marocaine des Droits humains :

Le Maroc joue les gendarmes pour avoir sa part du gâteau de la politique sécuritaire européenne. Rien ne justifie légalement ces déplacements. C’est inhumain, c’est une violation des droits élémentaires de ces personnes qui de toutes façons, tenteront de rejoindre l’Europe. 

Si la plupart des migrants croisés à Tanger lors de ce reportage* ont déjà fait l’objet d’un ou de plusieurs refoulements, aucun d’entre eux n’a renoncé à traverser la Méditerranée pour accomplir son rêve d’Europe.   

* Reportage réalisé dans des conditions difficiles. Arrêté à Tanger avec sa consœur franco-marocaine Hasna Belmekki, l’envoyé spécial de France Inter a été expulsé du pays par les autorités marocaines.

france inter | 26.09.2018

Marokko: 5.000 Abschiebungen in den Süden des Landes seit Sommer